Entre les factures de chauffage qui s’envolent et les logements parfois mal isolés, beaucoup de particuliers cherchent des solutions concrètes pour reprendre la main sur la température ambiante. Les robinets thermostatiques font partie de ces petits équipements discrets qui changent vraiment la donne quand ils sont bien choisis et bien réglés. Sur un simple radiateur en fonte d’un pavillon des années 70 comme sur une installation récente avec chaudière à condensation, la logique reste la même : moduler le débit d’eau chaude pour stabiliser la chaleur pièce par pièce, sans passer sa vie à tourner les poignées.
Dans les appartements collectifs comme dans les maisons individuelles, ces vannes automatiques corrigent les écarts entre pièces ensoleillées et pièces nord, entre salon occupé et chambre inoccupée. Beaucoup de logements d’Essonne, par exemple, ont encore des robinets manuels tout-ou-rien, parfois grippés, qui surchauffent une pièce pendant que l’autre reste froide. Installer ou simplement remplacer des têtes thermostatiques bien réglées apporte une vraie amélioration de confort thermique dès les premiers jours, avec à la clé une économie d’énergie non négligeable sans gros travaux.
Ce type de guide s’adresse aussi bien au propriétaire qui gère sa chaudière gaz qu’au locataire qui souhaite comprendre comment utiliser les têtes déjà présentes sur ses radiateurs. L’idée est simple : comprendre à quoi sert exactement un robinet thermostatique, voir comment il fonctionne dans la pratique, apprendre le bon réglage robinet selon chaque pièce, repérer les erreurs fréquentes et savoir quand faire appel à un pro pour changer un robinet de radiateur ou revoir l’installation de chauffage. En fil rouge, on retrouvera les situations typiques d’un foyer fictif, la famille Morel, dans un pavillon à Viry-Châtillon, avec les mêmes interrogations que beaucoup de gens : pourquoi une chambre étouffe pendant que le séjour reste tiède, et comment le corriger sans renover toute la maison.
- Réguler pièce par pièce : un robinet thermostatique ajuste automatiquement le débit d’eau selon la température ambiante.
- Réduire la facture : une bonne régulation thermique permet souvent 5 à 15 % d’économie d’énergie sur le chauffage.
- Comprendre les chiffres 1 à 5 : chaque graduation correspond à une plage de température cible, pas à une puissance instantanée.
- Choisir le bon matériel : mécanique, électronique ou connecté, le type de tête dépend du budget et des habitudes de vie.
- Éviter les erreurs courantes : têtes cachées derrière des rideaux, radiateurs jamais purgés, tige grippée qui fausse tous les réglages.
Comprendre le rôle des robinets thermostatiques dans la régulation thermique
Avant de tourner une molette au hasard, il faut déjà savoir ce que fait vraiment un robinet thermostatique sur un radiateur. Beaucoup l’utilisent comme un simple robinet manuel en pensant que la position 5 chauffe « plus fort » que la 3, alors qu’en réalité, il s’agit surtout d’une consigne de température ambiante. La tête ne commande pas la puissance de la chaudière, elle gère l’ouverture du passage d’eau dans le radiateur pour coller au plus près à la température désirée dans la pièce.
Sur le terrain, dans un pavillon typique du 91, on retrouve souvent le même scénario : chaudière réglée trop haut, salon trop chaud, chambres glaciales. Les Morel, par exemple, avaient laissé tous leurs robinets thermostatiques sur 5, en pensant « comme ça, au moins, ça chauffe ». Résultat, le radiateur du séjour se coupait sans arrêt car la pièce atteignait vite une chaleur excessive, alors que le couloir, mal desservi, ne montait jamais en température. Une fois les têtes remises sur des positions raisonnables, la chaleur s’est répartie de façon bien plus homogène.
Le principe de fonctionnement repose sur un élément sensible logé dans la tête, souvent à base de cire ou de liquide. Cet élément se dilate quand la température de la pièce augmente, ce qui pousse une tige et réduit le débit d’eau chaude. Quand la pièce refroidit, l’élément se rétracte, la tige recule et le passage d’eau se rouvre progressivement. Le cycle se fait en continu, sans électricité, sans piles, uniquement avec la loi physique de dilatation. C’est précisément cette modulation douce qui évite les montagnes russes de chaleur typiques des vieux robinets manuels.
Une différence nette existe entre le corps du robinet et la tête elle-même. Le corps est la partie en laiton vissée sur la tuyauterie du radiateur, avec son mécanisme interne. La tête, c’est la partie visible que l’on tourne, qui presse plus ou moins sur la tige. Quand la plomberie est saine (pas de fuite, pas de corrosion), un simple remplacement de tête peut suffire pour moderniser la régulation thermique de tout un logement, sans couper l’eau ni purger tout le réseau. Dans le cas contraire, par exemple sur un ancien robinet bloqué depuis dix ans dans un immeuble de Corbeil-Essonnes, il faut prévoir un remplacement complet du robinet de radiateur, sujet détaillé chez ceux qui expliquent comment changer un robinet de radiateur proprement.
Autre point qui prête souvent à confusion : l’expression « vanne thermostatique » que certains artisans utilisent. Pour un occupant, vanne et robinet thermostatiques désignent en pratique le même organe qui régule la chaleur sur le radiateur. L’important n’est pas le mot, mais la qualité de la régulation obtenue et la bonne cohérence entre tous les équipements, thermostat d’ambiance inclus. Car un robinet thermostatique ne remplace pas le thermostat général de la maison, il le complète pièce par pièce.
Dans une installation équilibrée, le thermostat mural pilote l’arrêt et le démarrage de la chaudière en fonction d’une température de référence, souvent placée dans le séjour. Les robinets thermostatiques, eux, affinent la consigne dans chaque pièce : on laisse 20 °C au salon, 17 °C dans les chambres, un peu plus dans la salle de bains. Tant que ces deux niveaux de régulation sont cohérents, le confort thermique grimpe, la sensation de courant d’air chaud-froid diminue, et la chaudière se déclenche moins souvent pour rien.
Au final, le rôle majeur d’un robinet thermostatique n’est ni de « booster » un radiateur ni de transformer une chaudière fatiguée. Sa mission, c’est d’apporter une régulation locale fiable, simple à utiliser, et de permettre à chacun d’ajuster la chaleur en fonction de l’usage de chaque pièce. Quand on a compris ça, on aborde le réglage avec un autre regard, moins dans la logique du tout à fond, plus dans l’idée d’un équilibre global.

Fonctionnement pratique des têtes thermostatiques et lecture des graduations 1 à 5
Sur les têtes classiques, on retrouve presque toujours une échelle de 1 à 5, parfois avec une position spéciale hors gel. Contrairement à ce que pensait la famille Morel, ces chiffres ne représentent ni des pourcentages de puissance ni des « vitesses » de chauffage. Chaque graduation correspond à une plage de température cible, avec une tolérance de quelques degrés selon la marque et la position du robinet sur le radiateur.
Pour donner des repères concrets, la plupart des fabricants calent leur échelle autour des valeurs suivantes. Cela reste une indication, mais en usage courant, on s’y retrouve plutôt bien.
| Position sur la tête | Température ambiante visée (environ) | Usage conseillé dans le logement |
|---|---|---|
| Symbole flocon ou 1 | 12 à 15 °C | Mode hors gel, pièces inoccupées longtemps, cave, garage isolé |
| 2 | 16 à 17 °C | Chambre peu utilisée, entrée, couloir, réserve |
| 3 | 18 à 19 °C | Chambre adulte, bureau, pièce de passage |
| 4 | 20 à 21 °C | Salon, séjour, pièce de vie principale |
| 5 | 22 à 23 °C et plus | Salle de bains au moment de l’usage, personne frileuse ponctuellement |
Un détail qui surprend souvent : passer de la position 3 à 5 ne fera pas chauffer le radiateur plus vite. Cela demandera simplement une température finale plus élevée avant que le robinet commence à refermer le débit. Si l’installation de chauffage est bien dimensionnée, un réglage sur 3 donne déjà un confort thermique satisfaisant dans la plupart des pièces. Monter à 5 en permanence revient juste à demander au système de pousser jusqu’à un niveau où l’air devient lourd, sec, et la facture grimpe.
La tête lit la température autour d’elle, pas au milieu de la pièce. Dès qu’un meuble, un rideau épais ou un cache-radiateur enferme le robinet, il se retrouve dans une petite bulle d’air plus chaud que le reste de la pièce. Il croit alors que la consigne est atteinte et ferme trop tôt, ce qui donne ce fameux salon avec un radiateur tiède et un canapé où l’on grelotte. Chez les Morel, une simple découpe plus large dans un cache-bois a suffi pour que la régulation redevienne cohérente sans toucher à la chaudière.
Sur certains modèles électroniques ou connectés, la graduation 1 à 5 est remplacée par un affichage numérique, souvent en demi-degré. On programme directement 19,5 °C par exemple. La logique reste identique, mais la précision plus fine permet de mieux coller aux besoins réels d’un occupant. Pour un enfant qui a tendance à avoir chaud la nuit, régler la chambre à 18,5 °C plutôt que 20 °C peut faire gagner quelques pourcents d’économie d’énergie sur la saison de chauffage, sans sacrifier le confort.
Une bonne habitude consiste à stabiliser chaque pièce sur une position donnée pendant au moins 24 heures avant de juger. Monter et descendre la tête toutes les demi-heures, comme on allume et éteint une lumière, n’a aucun sens ici. Un système de chauffage, surtout à eau, travaille sur l’inertie : murs, meubles, air, tout doit se mettre à la bonne température. Les réglages trop nerveux ne laissent pas le temps au robinet de faire correctement son travail de régulation thermique.
Quand les habitants hésitent encore, une règle simple rend service : 3 pour les chambres, 3,5 à 4 pour le salon, 2 pour les circulations. On ajuste ensuite par demi-cran en fonction des ressentis, en gardant à l’esprit qu’un degré de moins représente environ 7 % d’économie de chauffage selon les estimations de l’ADEME. À l’échelle d’un hiver complet, cela fait une différence bien réelle sur les factures, surtout quand les prix de l’énergie s’envolent.
En gardant ces repères en tête, la fameuse molette 1 à 5 cesse d’être un objet mystérieux que l’on tourne au hasard. Elle devient enfin ce qu’elle est censée être : un réglage simple, lisible, qui traduit en positions mécaniques les besoins concrets de chaque pièce.
Réglages pièce par pièce et bonnes pratiques pour optimiser le confort thermique
Une fois les bases comprises, tout l’intérêt des robinets thermostatiques vient de la régulation pièce par pièce. Une maison, ce n’est pas un bloc uniforme. Entre la cuisine plein sud avec grandes baies vitrées, la chambre sous combles et la salle de bains contre un mur nord, les besoins ne se ressemblent pas. Traiter tout le monde à la même température est une erreur fréquente qui coûte cher sans améliorer le confort.
Dans la maison des Morel à Viry-Châtillon, la configuration est typique : séjour ouvert avec deux radiateurs, cuisine séparée, trois chambres à l’étage, une salle d’eau. Avant le réglage, tout était quasiment sur 4 ou 5. Une approche plus logique a consisté à définir d’abord les usages :
- Salon occupé tous les soirs avec TV, donc besoin d’une chaleur stable autour de 20 °C.
- Chambres utilisées essentiellement la nuit, confort suffisant entre 17 et 18 °C.
- Cuisine qui profite des apports du four et des plaques, pas besoin de surchauffer.
- Salle d’eau à réchauffer surtout au moment des douches.
Avec ces données, les robinets thermostatiques ont été calés sur 4 dans le séjour, 3 dans les chambres, 2,5 en cuisine et 3,5 dans la salle de bains. La chaudière, pilotée par un thermostat mural bien placé, a été ajustée pour que la température de départ ne soit pas excessive. Le résultat s’est vite fait sentir : moins de variations brusques, plus de stabilité, et une impression générale de chaleur plus douce.
Certains gestes sont à éviter si l’on veut tirer le meilleur de ces équipements. Fermer complètement un radiateur d’une pièce froide en pensant « on ne s’en sert pas », par exemple, peut finir par créer des zones humides, des murs qui ne sèchent jamais, voire des moisissures dans un angle mal ventilé. Mieux vaut maintenir ces pièces sur une position hors gel ou 1, de manière à garder un minimum de circulation de chaleur sans gaspillage.
Autre point méconnu : il est conseillé de laisser au moins un radiateur sans vanne thermostatique dans les installations avec circulateur classique. Cela permet de protéger le circulateur de la chaudière en lui laissant toujours un circuit de passage, même si toutes les autres têtes se ferment simultanément. Ceux qui s’intéressent plus en détail au rôle du circulateur peuvent jeter un œil aux explications sur les modèles les plus courants comme un circulateur 25-40 ou 25-60, souvent présents dans les maisons du secteur.
Pour le réglage fin, une approche progressive reste la plus sensée. On choisit d’abord une base « théorique » selon le tableau de correspondance des positions, on laisse tourner quelques jours, puis on corrige si nécessaire. Dans un bureau orienté nord à Évry, par exemple, une personne sédentaire aura peut-être besoin de 19 à 20 °C pour ne pas avoir froid aux mains, surtout si le sol est carrelé. L’important est de ne pas compenser immédiatement un petit inconfort par un passage brutal de 3 à 5.
Du côté de la salle de bains, la bonne astuce consiste à monter la tête sur 4 ou 5 uniquement un peu avant la douche et à la redescendre ensuite vers 2,5 ou 3. Cette pièce ne doit pas être maintenue très chaude en continu, surtout si elle est peu ventilée. Les robinets thermostatiques électroniques programmables, ou les versions connectées pilotables depuis un smartphone, facilitent ce genre de scénario : montée de température automatique le matin et le soir, retour à un niveau plus bas en dehors de ces plages.
Enfin, ne pas négliger l’entretien global de l’installation. Un radiateur rempli d’air, jamais purgé, restera froid en haut même avec la meilleure tête thermostatique du marché. Purger les radiateurs au début de chaque saison de chauffage, vérifier la pression de la chaudière, contrôler les fuites sur les vieux corps de robinet, tout cela participe à l’efficacité de la régulation. Un matériel bien entretenu donne des réglages plus fiables, ce qui évite de tourner les têtes dans tous les sens pour compenser un défaut purement hydraulique.
Une fois ces bonnes pratiques en place, les robinets thermostatiques cessent de passer pour des gadgets. Ils deviennent de vrais outils de pilotage du confort, adaptés à la réalité de chaque foyer, qu’il s’agisse d’un T3 en résidence récente à Grigny ou d’un pavillon ancien à Bondoufle.
Choisir entre têtes mécaniques, électroniques ou connectées pour son chauffage
Sur le marché, l’offre ne se limite plus aux simples têtes mécaniques à 15 €. Entre les modèles de base, les versions électroniques avec écran et les têtes connectées intégrées à une solution domotique, le choix peut vite tourner à la prise de tête. En réalité, tout part d’une question simple : quel niveau de contrôle souhaite-t-on vraiment sur son système de chauffage et combien est-on prêt à investir pour gagner en souplesse et en économie d’énergie.
Les têtes mécaniques restent le standard le plus répandu. Elles régulent la température ambiante uniquement en fonction de la dilatation interne, sans pile ni électronique. Pour un appartement chauffé par une chaudière collective avec répartiteurs de frais de chauffage, ce type d’équipement suffit largement à adapter pièce par pièce, surtout quand le budget est serré. Une tête de qualité moyenne coûte souvent entre 10 et 30 €, facile à remplacer soi-même si le filetage est standard.
Les têtes électroniques ajoutent une couche de programmation. Elles embarquent un petit moteur qui actionne la tige à la place du ressort mécanique, un écran et quelques boutons. On peut définir des profils « jour/nuit », « présence/absence » directement sur la tête. Pour un couple qui quitte le logement tous les jours de 8 h à 18 h, ce type d’appareil permet de baisser automatiquement la température en journée et de la remonter avant le retour, sans passer par un thermostat central sophistiqué.
Dernier niveau, les robinets thermostatiques connectés, qui communiquent via Wi-Fi, Zigbee ou protocole radio propriétaire. Grâce à une application, on pilote la température pièce par pièce depuis un smartphone, on crée des scénarios par zones, on active un mode absence à distance en cas de départ imprévu. Certains systèmes dialoguent même avec un thermostat intelligent global pour éviter que la chaudière tourne si aucune pièce ne demande de chaleur.
Pour la famille Morel, qui dispose déjà d’une chaudière gaz récente du type condensation et d’un thermostat d’ambiance basique, le passage sur quelques têtes connectées dans les pièces clés pourrait offrir un bon compromis : réglage fin du séjour et de la chambre des parents, têtes mécaniques classiques dans les pièces secondaires. L’essentiel est de ne pas se jeter sur le modèle le plus cher juste parce qu’il est connecté, mais de regarder si les habitudes de vie justifient réellement cet investissement supplémentaire.
Un autre critère souvent oublié concerne le filetage de connexion au corps de robinet. La grande majorité des installations en France utilisent un filetage M30×1,5. C’est le standard universel sur lequel les fabricants alignent leurs têtes. Avant de commander un lot de têtes connectées sur internet, un rapide démontage d’une tête existante et une mesure du diamètre extérieur de la tige permettent d’éviter de mauvaises surprises. Beaucoup de marques fournissent d’ailleurs des adaptateurs pour les quelques filetages spécifiques, notamment certains anciens modèles Danfoss.
Pour ceux qui s’inscrivent dans une logique plus globale de rénovation énergétique, le choix du type de robinets thermostatiques devrait se faire en cohérence avec le reste de l’installation : type de chaudière, éventuellement pompe à chaleur, qualité des émetteurs. Un projet qui inclut par exemple une pompe à chaleur Atlantic bien dimensionnée ne se pilote pas tout à fait de la même manière qu’une vieille chaudière fioul. Une régulation fine pièce par pièce prend tout son sens quand on cherche à tirer le meilleur d’un générateur performant.
En résumant, on peut dire que la tête mécanique convient à ceux qui veulent du simple et robuste, l’électronique à ceux qui souhaitent une programmation locale sans passer par un smartphone, et la connectée à ceux qui misent sur un pilotage à distance et une domotique un peu plus poussée. Aucune n’est « magique » en soi : leur efficacité dépend toujours de la qualité de l’installation de base et de la cohérence des réglages globaux.
Le bon choix, finalement, reste celui qui correspond à un besoin réel, pas à un catalogue de fonctions dont la moitié ne sera jamais utilisée une fois l’hiver venu.
Installation, remplacement et erreurs courantes qui plombent les économies d’énergie
Un point rassurant pour beaucoup de gens : remplacer une tête thermostatique existante par un modèle plus récent ne nécessite pas forcément un plombier. Tant qu’on ne touche pas au corps du robinet, aucune vidange d’installation ni soudure ne sont au programme. C’est à la portée d’un bricoleur soigneux qui prend le temps de respecter les étapes.
La marche à suivre reste assez simple. On commence par dévisser l’ancienne tête, le plus souvent à la main ou avec une clé plate, sans forcer. On vérifie ensuite que la tige sort bien du corps de robinet et qu’elle bouge librement en appuyant dessus. Si elle est bloquée, signe d’entartrage ou de corrosion interne, une tête neuve ne suffira pas, le robinet complet devra être remplacé. Sinon, on visse la nouvelle tête, éventuellement avec un adaptateur si le filetage n’est pas du M30×1,5, puis on règle sur la position souhaitée.
Le remplacement du corps lui-même change de registre. Il implique de couper l’alimentation en eau du circuit de chauffage, de purger les radiateurs, de démonter l’ancien robinet et de raccorder le nouveau, souvent avec une brasure ou un raccord à visser. Sur une installation de type collectif avec colonne verticale, cela se complique encore, car l’arrêt doit concerner toute la colonne. C’est typiquement le genre d’intervention où faire appel à un professionnel évite bien des désagréments, d’autant que le coût de main-d’œuvre pour changer un robinet de radiateur reste mesuré, comme détaillé sur les pages qui évoquent le tarif d’un plombier pour ce type de remplacement.
Plusieurs erreurs reviennent régulièrement sur les chantiers. La première consiste à enfermer le robinet derrière un coffrage ou un meuble massif. Dans un salon d’immeuble à Ris-Orangis, par exemple, un radiateur avait été intégré dans un banc TV en bois, avec seulement une petite grille en façade. La tête thermostatique se trouvait dans un volume d’air chaud confiné. Elle coupait donc le radiateur alors que le reste de la pièce restait nettement plus frais. Il a suffi d’ouvrir largement la zone autour de la tête pour retrouver une régulation correcte.
Autre classique : mélanger têtes récentes et vieux corps en mauvais état. Certains occupants changent les têtes eux-mêmes pour des modèles connectés dernier cri, mais conservent des corps fuyards ou partiellement bloqués. Résultat, même si l’application indique que le radiateur est « fermé », un léger filet d’eau continue à circuler ou, au contraire, ne passe plus du tout malgré une consigne de chauffe. La cohérence de l’ensemble compte autant que la qualité de chaque élément pris isolément.
On voit également souvent des robinets thermostatiques montés à l’horizontale qui reçoivent directement l’air chaud du radiateur. La tête mesure alors plus la température du flux d’air sortant que celle de la pièce. Quand la configuration le permet, un montage vertical sur le retour ou l’ajout d’une sonde déportée apporte une vraie amélioration. Les fabricants proposent d’ailleurs des versions spécifiques pour ces cas de figure, avec un capteur placé à distance dans une zone représentative de la pièce.
Enfin, les problèmes de purge et d’équilibrage hydraulique ne sont pas à négliger. Un radiateur rempli d’air aura beau disposer d’un robinet thermostatique flambant neuf, il restera froid sur une partie de sa surface. De même, dans certains immeubles, des radiateurs en bout de réseau reçoivent peu de débit car les premiers sont surdimensionnés et jamais bridés. Avant d’accuser les têtes, un contrôle global de l’installation reste souvent nécessaire, ne serait-ce que pour vérifier la bonne répartition des débits et la pression.
En regardant ces points d’un peu plus près, on comprend que l’installation ou le remplacement d’un robinet thermostatique n’est pas qu’une histoire de vis à serrer. Il s’agit de respecter quelques règles de bon sens hydraulique et de positionnement pour que l’ensemble tienne ses promesses sur la durée.
Comment savoir si un robinet thermostatique fonctionne encore correctement ?
Un robinet thermostatique en bon état commande clairement l’ouverture et la fermeture du radiateur. Si, en passant d’une position basse (1 ou flocon) à une position haute (4 ou 5), la température du radiateur ne change quasiment pas après un certain temps de chauffe, il y a un problème. On peut aussi retirer la tête et appuyer doucement sur la tige : elle doit coulisser sur quelques millimètres avec un léger ressort. Si la tige reste bloquée, même après quelques mouvements, le corps du robinet est probablement grippé et mérite d’être remplacé.
Peut-on utiliser robinets thermostatiques et thermostat d’ambiance en même temps ?
Oui, et c’est même la configuration la plus intéressante dans beaucoup de logements. Le thermostat d’ambiance pilote la chaudière en tout ou rien en fonction d’une température de référence, souvent au séjour, tandis que les robinets thermostatiques affinent la température pièce par pièce. Il faut simplement éviter de placer le thermostat mural dans une pièce où le radiateur est presque fermé par la tête, sinon la chaudière risque de s’arrêter trop tôt.
Les robinets thermostatiques permettent-ils vraiment de faire des économies d’énergie ?
Une régulation pièce par pièce bien utilisée réduit en général la consommation de chauffage de plusieurs pourcents, parfois jusqu’à 10 à 15 % dans les logements surchauffés au départ. Le gain provient surtout d’une baisse de température dans les pièces peu utilisées et d’une meilleure stabilité dans les pièces de vie, qui limite les excès. On ne parle pas de miracle, mais d’un ajustement réaliste, surtout quand les consignes sont raisonnables et que l’installation de base est en bon état.
Quelle est la bonne position des robinets thermostatiques pendant une longue absence ?
En cas d’absence de plusieurs jours, la plupart des utilisateurs se contentent de placer les têtes sur la position hors gel ou environ 1, ce qui maintient une température minimale autour de 12 à 15 °C selon le logement. Cela limite les risques de gel des canalisations tout en évitant de chauffer inutilement. Sur les têtes électroniques ou connectées, un mode absence ou vacances ajuste automatiquement la consigne à un niveau réduit, avec un redémarrage programmé peu avant le retour.
Faut-il privilégier une marque particulière pour les têtes thermostatiques ?
Plus que le nom sur la boîte, la compatibilité avec le filetage du robinet et la qualité de fabrication comptent. Les grandes marques de chauffage et de robinetterie restent une valeur sûre pour la tenue dans le temps et la disponibilité des pièces. Pour des usages avancés (programmation fine, connexion à une box domotique), il est utile de vérifier que l’écosystème choisi s’intègre bien avec le reste de l’installation, notamment le thermostat de chaudière et, le cas échéant, d’autres équipements connectés du logement.
