Le disjoncteur général : rôle, types et que faire s’il saute

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By Hervé Duteille


Quand toute la maison se retrouve dans le noir à cause d’un disjoncteur général qui saute, la priorité est simple : réagir calmement, sécuriser, comprendre si le problème vient d’une surcharge, d’un court-circuit ou d’un défaut dans l’installation électrique. Pour un propriétaire de pavillon comme pour un locataire d’appartement, ce petit boîtier planté à côté du compteur reste souvent mystérieux, alors que c’est lui qui surveille en continu la sécurité électrique du logement. Comprendre son fonctionnement, les types de disjoncteurs présents au tableau et les bons réflexes de réarmement disjoncteur permet d’éviter les erreurs classiques, du genre réenclencher dix fois de suite sans chercher l’origine de la panne.

Le rôle disjoncteur ne se limite pas à “mettre le jus” ou le couper. Le disjoncteur général combine des protections contre les surintensités, les courants de fuite et parfois les surtensions. Les disjoncteurs divisionnaires, eux, prennent le relais circuit par circuit pour une protection circuit plus fine : éclairage, prises, chauffe-eau, plaque de cuisson, etc. Enfin, les différentiels jouent les gardiens de la mise à la terre, en coupant dès qu’un courant fuit vers une carcasse métallique. L’ensemble forme une chaîne où chaque maillon doit être dimensionné correctement, posé proprement et entretenu avec un minimum de suivi. Sans ça, les déclenchements répétés deviennent le symptôme d’une installation électrique vieillissante ou bricolée.

Les normes électriques de 2026 imposent un cadre assez précis sur les calibres, le nombre de circuits, la répartition des différentiels. Ce cadre n’est pas là pour compliquer la vie, mais pour réduire les risques d’incendie et d’électrocution, surtout dans les immeubles anciens qu’on rencontre souvent en Essonne. Entre les appareils qui consomment toujours plus (plaques induction, pompes à chaleur, spa, borne de recharge) et des tableaux parfois restés dans leur jus depuis 30 ans, le disjoncteur général est souvent la première alerte sérieuse. Quand il saute, il faut le prendre comme un signal utile, pas comme un simple “bug” agaçant.

En bref

  • Le disjoncteur général coupe toute l’alimentation en cas de court-circuit, surcharge ou défaut majeur sur l’installation électrique.
  • Les types disjoncteurs dans un logement se répartissent entre général, divisionnaires et différentiels, chacun avec une fonction bien précise de protection circuit.
  • Un déclenchement n’arrive jamais par hasard : surcharge d’appareils, appareil défectueux, humidité, câbles fatigués ou tableau mal dimensionné sont les causes les plus fréquentes.
  • Que faire disjoncteur saute : couper les appareils, réarmer une seule fois, rebrancher progressivement et identifier le circuit ou l’équipement en cause avant de rappeler le courant définitivement.
  • Les normes NF C 15-100 et les mises à jour 2026 imposent un nombre minimum de différentiels et un calibrage précis des disjoncteurs pour garantir la sécurité électrique des occupants.

Disjoncteur général et architecture d’une installation électrique domestique

Pour suivre le chemin de l’électricité dans un logement, il suffit d’imaginer une chaîne organisée depuis le réseau public jusqu’à la dernière prise de courant. À l’arrivée, juste après le compteur, on trouve presque toujours le disjoncteur général. C’est lui qui fait la frontière entre ce qui appartient au distributeur et ce qui relève du propriétaire ou du bailleur. Son rôle est double : point de coupure générale manuel, et surveillance permanente des surintensités globales.

Derrière ce premier organe de protection, le courant file vers le tableau de répartition. Sur ce tableau se trouvent l’interrupteur ou les disjoncteurs différentiels, puis les disjoncteurs divisionnaires. Chaque rangée est censée être lisible, avec des étiquettes claires du type “prises salon”, “lumières étage”, “chauffe-eau”, “plaque cuisson”. En pratique, sur le terrain, des étiquettes illisibles ou absentes compliquent beaucoup les dépannages et rallongent les coupures inutiles.

Pour bien comprendre le rôle disjoncteur à chaque niveau, on peut découper le tableau en trois familles d’appareils. Le général protège tout le logement, les différentiels surveillent les fuites de courant vers la terre, et les divisionnaires limitent l’intensité de chaque circuit. Cette hiérarchie n’est pas un luxe : si tout reposait uniquement sur le disjoncteur général, le moindre souci dans la cuisine plongerait l’ensemble de l’habitation dans le noir à chaque incident.

Un cas concret : dans un pavillon des années 80 d’Évry, un congélateur dans le garage commence à fatiguer. L’isolant interne se gorge d’humidité, un défaut d’isolement apparaît. Un différentiel 30 mA dédié aux prises du garage coupe instantanément. Sans cette protection intermédiaire, c’est parfois le disjoncteur général qui prend tout et on perd l’éclairage, le frigo, la chaudière et tout le reste. La famille se retrouve sans chauffage un dimanche soir alors que seul un appareil était en cause.

Au fil des rénovations, beaucoup de logements se retrouvent avec un mélange d’anciens et de nouveaux disjoncteurs. On voit des séries de vieux porte-fusibles côtoyer des disjoncteurs modulaires récents. Techniquement, ça fonctionne parfois encore, mais la cohérence de la protection circuit disparaît. Un tableau remis à plat, avec des calibres adaptés aux sections de câbles et un schéma clair, change tout au quotidien : déclenchements mieux ciblés, diagnostics plus rapides, et sécurité électrique réellement maîtrisée.

Cette organisation joue aussi sur le confort des habitants. Réparer un défaut sur le chauffe-eau en isolant uniquement ce circuit, tout en gardant l’éclairage et les prises actives, évite bien des situations pénibles. Un tableau bien conçu, c’est un peu comme une armoire de rangement bien pensée : quand on sait où chaque chose se trouve, on perd moins de temps et on casse moins de choses en cherchant.

découvrez le rôle essentiel du disjoncteur général, les différents types existants et les démarches à suivre en cas de saut pour assurer la sécurité de votre installation électrique.

Disjoncteur général, divisionnaire, différentiel : qui fait quoi exactement ?

Pour lever les confusions fréquentes, il est utile de comparer ces trois grands types de protection. Les appellations prêtent parfois à confusion, surtout entre interrupteur différentiel et disjoncteur différentiel, alors que leur mission principale reste similaire pour la protection des personnes.

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Le tableau ci-dessous résume les différences de manière pratique.

Élément Fonction principale Zone protégée Déclenche sur
Disjoncteur général Coupure totale et protection globale Tout le logement Surcharge, court-circuit, parfois défaut différentiel
Disjoncteur divisionnaire Limitation de l’intensité par circuit Un circuit dédié (prises, éclairage, chauffe-eau…) Surcharge locale, court-circuit
Interrupteur / disjoncteur différentiel Protection des personnes contre les fuites de courant Groupe de circuits en aval Défaut d’isolement, fuite vers la terre

Dans la pratique, quand un particulier appelle pour un “tableau qui saute sans arrêt”, il confond souvent ces éléments. Or, identifier celui qui déclenche le premier donne déjà une indication sérieuse sur la nature du problème : matériel en fin de vie, surcharge localisée, humidité dans une prise extérieure ou défaut plus profond à la jonction avec le réseau.

Une installation lisible, avec un repérage propre et des disjoncteurs adaptés, reste la meilleure assurance pour que le disjoncteur général intervienne seulement en dernier recours, et non comme fusible permanent d’un tableau mal conçu.

Fonctionnement interne du disjoncteur général et mécanismes de protection

Derrière le petit levier en façade, un disjoncteur général cache une mécanique plus fine qu’il n’y paraît. Deux systèmes travaillent en parallèle : un dispositif thermique qui réagit aux surcharges et un dispositif magnétique qui réagit aux défauts francs comme le court-circuit. Chacun a son rôle, avec des temps de réaction adaptés à la gravité du problème.

Le déclenchement thermique utilise une lame bimétallique. Quand le courant dépasse légèrement le calibre prévu pendant un certain temps, cette lame chauffe, se déforme et finit par entraîner l’ouverture des contacts. Ce comportement progressif est utile pour supporter les petites pointes de démarrage de certains appareils tout en coupant s’il y a un vrai dépassement prolongé. On le voit par exemple quand trop d’appareils de cuisine tournent sur le même circuit un soir de fête.

Le déclenchement magnétique, lui, ne traîne pas. Un court-circuit, c’est un courant qui peut monter en quelques millisecondes à des valeurs énormes. La bobine interne du disjoncteur crée alors un champ magnétique brutal qui actionne un mécanisme instantané. Le levier tombe, la coupure est immédiate. Ce fonctionnement explique pourquoi un simple tournevis qui touche deux bornes peut noircir un domino et jeter le tableau dans le noir en une fraction de seconde.

Sur les modèles équipés de protection différentielle, un troisième étage vient s’ajouter. Il compare en permanence le courant qui sort par la phase et celui qui revient par le neutre. Dès qu’il y a un déséquilibre supérieur à 30 mA, typique d’une fuite vers la terre via un châssis métallique ou un corps humain, le disjoncteur coupe. Ce seuil de 30 mA n’est pas choisi au hasard : il limite les risques d’arrêt cardiaque, tout en évitant les déclenchements permanents sur des microfuites normales dans certains appareils.

Du coup, quand un disjoncteur général déclenche, il faut se poser une question simple : est-ce lié à une surintensité, une fuite de courant ou un défaut mécanique interne du disjoncteur lui-même ? Un appareil qui chauffe trop, une rallonge enroulée sous un radiateur, une multiprise de mauvaise qualité peuvent provoquer des échauffements anormaux et déclencher la partie thermique. Une vis plantée dans un câble ou un fil écrasé derrière un meuble déclenche souvent la partie magnétique.

L’usure compte aussi. Des attaches trop serrées, des vis qui se desserrent, de la poussière, parfois un peu d’humidité dans un garage non isolé : tout cela finit par fatiguer les bornes et les mécanismes internes. Sur des disjoncteurs anciens, il n’est pas rare de voir des déclenchements aléatoires liés à un mauvais contact plutôt qu’à un vrai défaut dans le réseau. Dans ces cas-là, insister sur le levier ne règle rien, il faut carrément envisager le remplacement.

En résumé, ce boîtier n’est pas qu’un simple interrupteur costaud. Il analyse en permanence ce qui circule dans les fils, réagit à la montée en température, traque les courts-circuits et, parfois, surveille aussi les fuites vers la terre. Le tout sans bruit ni lumière, jusqu’au jour où il coupe. Quand ça arrive, c’est rarement pour rien.

Normes, calibres et types de disjoncteurs indispensables en habitation

Dès qu’on touche au tableau, on entre dans le domaine des normes. En France, c’est la NF C 15-100 qui encadre la conception des installations résidentielles. Elle précise comment répartir les circuits, quels calibres utiliser, et combien d’interrupteurs différentiels ou disjoncteurs différentiels installer au minimum. Ce cadre n’est pas théorique : il tient compte du comportement réel des habitants et de la montée en puissance des appareils.

Pour les disjoncteurs divisionnaires, les principaux calibres se retrouvent partout. Les circuits d’éclairage sont en général protégés par des disjoncteurs 16 A maximum, pour des câbles de 1,5 mm² et jusqu’à 8 points lumineux. Les circuits de prises classiques se placent souvent sous 16 A ou 20 A selon la section, avec un nombre de prises plafonné. Les circuits spécialisés (lave-linge, chauffage, volets roulants, plaque de cuisson) suivent des règles plus strictes. Une plaque induction sera par exemple branchée sur un 32 A, comme expliqué dans ce guide dédié au branchement d’une plaque de cuisson.

Du côté du disjoncteur général, le calibre est lié à la puissance souscrite auprès du fournisseur. Pour un abonnement classique de 6 kVA, on se retrouve souvent avec un calibre de 30 A. Pour 9 kVA, ce sera 45 A, et pour 12 kVA, 60 A. Ces valeurs assurent que le disjoncteur saute avant que les câbles en amont ne chauffent trop. Toute modification d’abonnement devrait amener à vérifier la section de ces câbles et l’état du tableau, pas seulement à tourner une molette sur le disjoncteur de branchement.

Les interrupteurs différentiels doivent eux aussi être dimensionnés. On trouve fréquemment des 40 A ou 63 A en tête de rangée. La règle consiste à additionner les calibres des disjoncteurs en aval, en comptant les circuits de prises et de lumière à environ 50 % de leur intensité, pour ne pas surcharger le différentiel. Sur le terrain, il est courant de voir des rangées complètement chargées, avec un différentiel sous-dimensionné qui finit par chauffer et déclencher de manière aléatoire.

Les types disjoncteurs et différentiels (AC, A, parfois F ou B) servent à distinguer les formes de courant de défaut à détecter. Les circuits classiques d’éclairage et de prises passent en général sous un type AC. Les équipements électroniques plus complexes comme les plaques induction, les lave-linge ou les bornes de recharge exigent plutôt un type A, capable de tenir compte de composantes continues. Les guides récents sur les normes électriques 2026 insistent justement sur cette cohérence entre type de différentiel et usage des circuits.

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Il y a un point sur lequel il faut être clair : un tableau rempli de disjoncteurs alignés au hasard, sans respect des calibres ni répartition équilibrée sous les différentiels, est une fausse bonne affaire. Même si tout fonctionne au quotidien, le jour où un problème sérieux apparaît, la protection n’est plus au rendez-vous. Les disjoncteurs peuvent laisser passer trop de courant, les différentiels déclencher trop tard, et le disjoncteur général devenir l’unique rempart contre un départ de feu.

Un diagnostic de tableau, avec vérification des sections de câbles, des calibres, des serrages et des types d’appareils utilisés, reste une étape souvent négligée lors d’un achat immobilier. Pourtant, c’est le moment idéal pour remettre d’équerre une installation qui a parfois subi plusieurs couches de bricolage au fil des années.

Exemple de répartition cohérente des circuits et des protections

Pour rendre tout cela plus concret, prenons un appartement de 70 m², chauffage collectif, cuisine équipée standard, sans borne de recharge ni gros consommateur spécifique. Une répartition raisonnable pourrait ressembler à ceci, sans prétendre couvrir tous les cas :

  • Un différentiel type A 40 A alimentant les circuits plaque de cuisson, lave-linge et éventuellement une prise dédiée pour un futur véhicule électrique léger.
  • Un différentiel type AC 40 A alimentant les circuits prises séjour, prises chambres et éclairages, avec des disjoncteurs 16 A et 20 A adaptés au nombre de points.
  • Un circuit chauffe-eau sous disjoncteur calibré selon la puissance de l’appareil, comme détaillé dans l’article sur le disjoncteur de chauffe-eau 16 A ou 20 A.
  • Un disjoncteur dédié pour la VMC, un autre pour les volets roulants si présents, toujours en respectant la logique de section et de calibre.

Ce type de configuration permet à chaque protection de jouer son rôle sans reporter toutes les anomalies sur le disjoncteur général. Résultat : moins de coupures totales, des diagnostics simplifiés, et une sécurité réellement alignée sur ce que demande la norme.

À partir du moment où l’on comprend cette logique, les mentions sur les catalogues de grossistes comme “courbe C”, “type A”, “40 A 30 mA” ne ressemblent plus à une langue étrangère, mais à des informations utiles pour bâtir une installation électrique propre.

Que faire quand le disjoncteur général saute : méthode terrain pas à pas

Passons maintenant au cas le plus courant : tout s’éteint, le frigo, la box, les lumières. En ouvrant le coffret, on voit clairement que c’est le disjoncteur général qui est tombé. Dans ce genre de situation, la première erreur consiste à relever le levier en boucle sans réfléchir. Non seulement le problème n’est pas traité, mais on peut aggraver un échauffement ou un défaut déjà présent.

La bonne démarche tient en quelques étapes simples. D’abord, on bascule tous les disjoncteurs divisionnaires sur arrêt, et on débranche autant que possible les appareils sensibles : plaques, four, lave-linge, radiateurs mobiles, rallonges. Ce nettoyage de départ limite la surcharge éventuelle et met de côté un bon nombre de risques liés à un appareil en court-circuit.

Ensuite, on procède au réarmement disjoncteur général. Si le levier reste en position haute, on peut alors réenclencher les disjoncteurs divisionnaires un par un, en allumant progressivement les circuits. Le premier circuit qui fait retomber soit son disjoncteur, soit le général, pointe souvent vers la zone problématique. Ce n’est pas une science exacte, mais sur le terrain, cette méthode évite bien des tâtonnements.

Si le disjoncteur général retombe immédiatement, même divisionnaires coupés et appareils débranchés, le souci peut venir soit du disjoncteur lui-même, soit d’un défaut entre le compteur et le tableau. À ce niveau, l’intervention d’un particulier atteint ses limites. Entre des borniers usés, une infiltration d’eau dans une gaine d’arrivée, ou un problème au niveau du branchement extérieur, la marge d’erreur est faible. Insister devient dangereux.

Autre cas fréquent : la coupure intervient à chaque fois qu’un gros appareil démarre, par exemple un chauffe-eau ou une pompe de piscine. Là, le problème se situe souvent entre un abonnement sous-dimensionné et un cumul d’appareils qui tournent en même temps. Parfois, un simple délestage manuel (éteindre certains gros consommateurs la nuit) suffit. Dans d’autres cas, il devient nécessaire de revoir l’abonnement et de vérifier que la section des câbles d’arrivée supporte bien l’intensité supérieure.

Pour celles et ceux qui aiment se débrouiller, une règle claire s’impose : tant qu’on reste sur la partie commande des disjoncteurs, sans démonter le tableau ni toucher aux fils, le risque reste limité. Dès que l’on envisage de resserrer des bornes, de remplacer un disjoncteur ou d’ouvrir le coffret d’arrivée, on bascule dans un champ qui exige des compétences et du matériel adaptés.

Les conséquences d’un court-circuit mal géré ou d’un serrage approximatif ne se voient pas forcément tout de suite. Un mauvais contact chauffe doucement, noircit l’isolant, desserre encore la connexion, et finit parfois par générer un arc électrique. C’est ce genre de scénario qui alimente les statistiques d’incendies d’origine électrique.

Face à un disjoncteur général qui saute régulièrement, le bon réflexe consiste donc à :

1) identifier si le déclenchement est lié à un moment précis (mise en route d’un appareil, pluie intense, heure de chauffe, etc.), 2) isoler le ou les circuits suspects en suivant une logique, 3) noter les observations pour les transmettre à un électricien si le problème persiste. Un professionnel se base beaucoup sur ces retours pour cibler ses mesures et ses tests, gagner du temps et éviter d’ouvrir toute l’installation sans raison.

La réalité, c’est que le disjoncteur général rend souvent service en révélant une faiblesse qui aurait pu passer inaperçue plus longtemps. Le vrai danger, ce n’est pas qu’il saute, c’est qu’il ne saute plus alors qu’il devrait.

Cas d’école : surcharge, appareil défectueux ou installation à bout de souffle ?

Pour finir de cerner “que faire disjoncteur saute”, trois scénarios typiques reviennent en boucle sur les interventions.

Premier cas, la surcharge électrique ponctuelle : soirée raclette, lave-vaisselle, lave-linge, sèche-linge et chauffage d’appoint fonctionnent ensemble. La puissance totale dépasse la capacité de l’abonnement. Ici, la solution tient moins dans un tournevis que dans un peu d’organisation ou, si le cas se répète, une adaptation d’abonnement doublée d’une vérification de la section de câbles en amont.

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Deuxième cas, l’appareil défectueux : un vieux four, un radiateur soufflant d’appoint, une multiprise fatiguée. Quand on branche l’appareil, le disjoncteur tombe. Quand on le débranche, tout fonctionne. Ce cas-là se règle assez simplement, à condition de repérer l’élément fautif et d’éviter de le remettre au circuit “pour essayer encore une fois”.

Troisième cas, la vieille installation électrique à la limite de ce qu’elle peut supporter. Les sections sont parfois trop faibles, les connexions mal faites, des rallonges permanentes ont remplacé de vraies prises. Le disjoncteur général devient le fusible d’une situation globale à revoir. Ici, un rafistolage ne fait que repousser le problème. Une remise à niveau avec câbles, tableau et protections adaptées est la seule démarche honnête à long terme.

Repérer dans quel scénario on se situe évite de tourner en rond. C’est aussi ce qui permet de décider s’il est raisonnable de continuer à gérer seul, ou s’il est temps de faire intervenir un électricien certifié pour une mise à plat sérieuse.

Disjoncteur général et sécurité électrique au quotidien : bonnes pratiques et évolutions 2026

Le disjoncteur général n’est pas seulement un gardien silencieux qu’on ne touche qu’en cas de panne. Il devrait faire partie d’une routine simple d’entretien, au même titre que la vérification d’un détecteur de fumée ou la purge d’un radiateur. Une action aussi basique que manoeuvrer le levier une fois par an évite qu’il ne se grippe, surtout dans les caves humides, les garages non isolés ou les locaux techniques peu ventilés.

Une autre bonne habitude consiste à tester régulièrement les dispositifs différentiels grâce au bouton “T” ou “Test”. Cette manipulation provoque un déséquilibre artificiel qui doit faire déclencher l’appareil. Si rien ne se passe, la protection des personnes n’est plus assurée correctement. Ce test peut paraître anodin, mais sur le terrain, un nombre surprenant de différentiels restent des années sans jamais être testés.

Les guides professionnels récents insistent aussi sur la lisibilité du tableau : repérage clair, circuits regroupés de manière logique, schéma simple collé à l’intérieur de la porte. Entre un tableau lisible en 10 secondes et un capharnaüm de fils et d’étiquettes effacées, la différence se voit tout de suite le jour où il faut intervenir en urgence. Une fois le repérage remis à niveau, tout le monde y gagne, y compris le propriétaire qui peut suivre plus facilement ce que fait l’électricien.

Depuis quelques années, le marché voit également arriver des disjoncteurs connectés et des systèmes de suivi de consommation intégrés au tableau. Certains modèles permettent de surveiller la puissance instantanée et d’anticiper une coupure pour cause de surcharge. D’autres envoient une alerte sur le téléphone en cas de baisse de tension prolongée ou de déclenchement répété sur un même circuit.

Dans un pavillon équipé de panneaux solaires, par exemple, ces disjoncteurs intelligents aident à piloter la production et la consommation, à déclencher un chauffe-eau quand le soleil est favorable, et à limiter le recours au réseau. Couplés à un éventuel spa extérieur, une pompe de piscine ou une pompe à chaleur, ils évitent d’empiler les appareils énergivores sans visibilité. Les articles sur l’installation d’un spa ou jacuzzi ou sur le dimensionnement des pompes montrent à quel point le cumul des équipements impacte directement le calibrage des protections.

Face à ces évolutions, une certitude se dégage : plus on ajoute de technologies dans une maison, plus le socle de base doit être sain. Un disjoncteur général calibré correctement, des différentiels adaptés aux usages, des circuits bien dimensionnés et des câbles posés dans les règles restent la fondation indispensable pour que les fonctions “intelligentes” ne deviennent pas une source de pannes supplémentaires.

Pour ceux qui envisagent une rénovation globale ou la création d’un tableau neuf, quelques repères simples peuvent servir de ligne directrice :

1) laisser de la réserve sur le tableau pour de futurs circuits, 2) répartir les gros consommateurs sur plusieurs différentiels, 3) anticiper les besoins possibles en borne de recharge, pompe à chaleur ou production solaire, même si ce n’est pas pour tout de suite. Une installation qui laisse un peu de marge vieillit mieux et supporte les ajouts sans recourir au bricolage.

Au final, le disjoncteur général n’est que la première marche d’un ensemble cohérent. Quand tout est bien pensé, il se fait vite oublier, et c’est souvent bon signe.

Comment reconnaître le disjoncteur général dans un tableau électrique ?

Le disjoncteur général se trouve en amont du tableau, juste après le compteur. Il se distingue par un corps souvent plus large ou un emplacement isolé, parfois plombé. Son levier commande l’alimentation de l’ensemble du logement, contrairement aux autres disjoncteurs qui ne coupent qu’un circuit ou un groupe de circuits. En cas de doute, il suffit de baisser ce disjoncteur : si tout s’éteint, c’est bien lui.

Que faire si le disjoncteur général saute régulièrement sans raison apparente ?

Si le disjoncteur général déclenche souvent, il faut d’abord observer quand cela arrive : démarrage d’un gros appareil, temps humide, heure de chauffe, etc. Ensuite, on teste en coupant les circuits divisionnaires puis en les remettant un par un. Si le problème persiste même circuits coupés, il peut s’agir d’un défaut sur le disjoncteur lui-même ou sur la liaison entre compteur et tableau. Dans ce cas, l’intervention d’un électricien est nécessaire pour mesurer les intensités, vérifier les serrages et contrôler l’état de l’appareil.

Peut-on augmenter seul le calibre du disjoncteur général pour éviter les coupures ?

Monter le calibre du disjoncteur général sans contrôle préalable est une mauvaise idée. Le calibre dépend de la puissance d’abonnement et surtout de la section des câbles d’arrivée. Si ces câbles ne sont pas prévus pour supporter plus de courant, on augmente le risque d’échauffement et d’incendie. Toute modification doit être étudiée en amont : vérification de la section, de l’état des conducteurs, adaptation éventuelle du tableau et validation par un professionnel ou le distributeur d’énergie.

Quelle est la différence entre un interrupteur différentiel et un disjoncteur différentiel ?

Les deux assurent la protection des personnes contre les fuites de courant vers la terre. L’interrupteur différentiel coupe en cas de défaut d’isolement mais ne limite pas l’intensité par circuit : il doit donc être couplé avec des disjoncteurs divisionnaires en aval. Le disjoncteur différentiel combine les deux fonctions dans un seul appareil. Dans un tableau domestique moderne, on rencontre surtout des interrupteurs différentiels en tête de rangée, associés à une série de disjoncteurs modulaires.

Faut-il tester son disjoncteur général et ses différentiels régulièrement ?

Oui, un minimum d’entretien est recommandé. Actionner le levier du disjoncteur général une fois par an permet de vérifier qu’il manoeuvre bien et ne se grippe pas. Pour les différentiels, le bouton de test intégré doit être utilisé au moins une fois par an, voire deux. Si l’appareil ne déclenche pas au test, il ne joue plus correctement son rôle de protection des personnes et doit être contrôlé puis remplacé si nécessaire.

Hervé Duteille est artisan plombier, électricien et serrurier en Essonne depuis plus de 35 ans, à la tête d’Ets Lefebvre 91 à Évry-Courcouronnes. Sur ce blog, il partage son expérience de terrain pour aider les particuliers à y voir clair entre vraies pannes, fausses urgences et devis douteux.

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