Combien de câbles peut-on passer dans une gaine de 40 : règles de remplissage à respecter

Travaux

comment No Comments

By Hervé Duteille


Dans beaucoup de pavillons et d’appartements, la question revient dès qu’on commence à tirer des lignes pour un atelier, une borne de recharge ou un nouveau tableau annexe : combien de câbles électriques peut-on faire passer dans une gaine électrique de diamètre 40 sans se retrouver coincé, ni sortir du cadre des normes électriques en vigueur. Entre les anciennes habitudes de la « règle du tiers », les textes normatifs qui ont évolué et la réalité des chantiers avec des gaines tordues dans tous les sens, les réponses trouvées sur Internet sont souvent contradictoires. L’objectif ici est simple : poser des repères pratiques, chiffrés, qui permettent de dimensionner correctement une gaine de 40 et de garder un passage câbles propre, accessible et sûr, même en forte charge câbles.

Le cœur du sujet ne se limite pas à un nombre magique de fils par conduit. Ce qui compte, c’est la capacité de la gaine, la facilité de tirage, la possibilité de remplacement ultérieur et la tenue dans le temps de l’installation électrique. Un conduit de 40 bien rempli mais réfléchit, avec des courbes douces et une répartition cohérente des circuits, restera exploitable des années. À l’inverse, une gaine 40 saturée à ras bord, posée avec des coudes serrés et un mélange de câbles hétéroclites, devient un piège : impossible de rajouter quoi que ce soit, et le moindre dépannage tourne au casse-tête. Les exemples de chantiers repris en Essonne montrent toujours la même chose : ceux qui ont anticipé ne regrettent jamais d’avoir vu un peu large.

En bref

  • La norme NF C 15-100 ne fixe plus de nombre maximal de conducteurs par gaine électrique, mais impose une installation sûre et durable.
  • En pratique de terrain, on retient la règle du 1/3 de section occupée pour une gaine ICTA : au-delà, le tirage et le remplacement deviennent difficiles.
  • Pour un diamètre gaine 40, la surface intérieure exploitable autour d’un tiers tourne autour de 255 mm² de section utile pour les câbles électriques.
  • Le nombre de conducteurs dépend de leur section : par exemple un fil H07V-U de 2,5 mm² occupe environ 11,9 mm² avec isolant.
  • Le calcul de capacité gaine se fait en additionnant les surfaces des fils et en vérifiant que l’on reste sous le seuil de remplissage visé.
  • Un passage câbles propre évite les surchauffes localisées, limite les efforts mécaniques sur les conducteurs et facilite les dépannages.
  • Pour des projets lourds (atelier, borne de recharge, piscine), mieux vaut surdimensionner les gaines plutôt que d’économiser quelques euros.

Rappels sur les normes électriques et la fameuse “règle du tiers” appliquée aux gaines ICTA

Avant de parler chiffres sur une gaine de 40, il faut clarifier ce que disent réellement les normes électriques et ce qu’elles ne disent plus. Pendant longtemps, des documents comme l’ancien guide UTE C 15-520 donnaient des valeurs précises de remplissage, avec l’idée que les conducteurs devaient pouvoir être retirés sans difficulté. Cette exigence a disparu, et la NF C 15-100 actuelle ne fixe plus un pourcentage d’occupation chiffré pour chaque conduit. Beaucoup bricolent donc avec l’idée fausse qu’on peut remplir sans limite tant que ça rentre.

Sur le terrain, ce n’est pas viable. Les organismes techniques, comme Promotelec, et la plupart des installateurs sérieux continuent d’utiliser un repère pratique : on considère qu’on n’utilise qu’environ un tiers de la section intérieure d’une gaine ICTA pour les conducteurs. Ce n’est pas écrit noir sur blanc dans la norme, mais c’est une pratique largement partagée. Pourquoi ce tiers reste pertinent ? Parce qu’il laisse de la place pour le tirage, les frottements, les courbes, les éventuelles rajoutes, et évite de transformer le conduit en bloc compact impossible à bouger.

Concrètement, la NF C 15-100 impose surtout que l’installation électrique soit accessible, modifiable et protégée contre les détériorations mécaniques. Une gaine bourrée à 70 % qui empêche toute intervention future rentre en conflit avec cet esprit. On retrouve le même raisonnement pour les chemins de câbles en industriel : la norme parle de conditions de pose, de température, de regroupement, mais laisse le dimensionnement à la responsabilité de l’installateur.

Ce repère du tiers sert donc de garde-fou. On peut ponctuellement le dépasser, par exemple sur une courte longueur rectiligne, mais dès que la gaine multiplie les coudes et les changements de direction, le confort de tirage chute brutalement. Plusieurs cas concrets l’illustrent : sur des chantiers de rénovation dans des immeubles des années 70, des gaines de 16 ont été remplies avec quatre fils de 2,5 mm² sur plusieurs mètres, en passant derrière des doublages. Résultat, impossible de remplacer un conducteur abîmé sans casser les cloisons.

Il faut aussi rappeler que les gaines ICTA ne sont pas que des « tuyaux à fils ». Elles assurent une protection mécanique et limitent la propagation de la flamme. Une gaine trop compressée, avec des conducteurs plaqués les uns contre les autres dans les courbes, subit des efforts qui peuvent abîmer les isolants, surtout lors du tirage avec une aiguille ou du lubrifiant. Le respect d’une occupation raisonnable participe donc directement à la sécurité électrique, même si la norme ne donne plus de chiffre précis.

Pour finir sur ce bloc, il faut être clair : se cacher derrière l’absence de valeur officielle pour justifier une gaine 40 saturée n’est pas sérieux. Celui qui pose l’installation sera celui que l’on appellera quand il faudra tirer un câble en plus. Autant anticiper dès le départ, surtout que le surcoût entre une gaine de 32 et une de 40 reste limité face au prix global d’un chantier.

A lire également :  Installateur domotique : formation, salaire et études pour faire ce métier
découvrez combien de câbles peuvent être passés dans une gaine de 40 mm en respectant les règles de remplissage pour garantir sécurité et performance de vos installations électriques.

Section utile d’une gaine électrique de diamètre 40 et surface occupée par les conducteurs

Pour savoir combien de câbles dans une gaine de 40, il ne suffit pas de regarder le diamètre extérieur imprimé sur le fourreau. Ce qui compte, c’est la section intérieure réellement disponible. Sur une gaine ICTA diamètre 40, on trouve couramment une section intérieure utile d’environ 255 mm² quand on applique la fameuse règle du tiers. Autrement dit, la section totale de la gaine est d’environ 3 fois cette valeur, mais on ne retient que ce tiers comme surface « confortable » pour les fils.

Face à cette section disponible, il faut mettre en regard la place occupée par chaque conducteur. Sur les installations domestiques classiques, on utilise souvent des fils H07V-U semi rigides. Leur surface totale avec isolant tourne autour des valeurs suivantes, qui servent de base de calcul :

Section du fil (cuivre)Surface avec isolant (mm²)
1,5 mm²8,55 mm²
2,5 mm²11,9 mm²
6 mm²22,9 mm²
10 mm²36,3 mm²
16 mm²50,3 mm²
20 mm²75,4 mm²

Ces chiffres surprennent parfois. Un conducteur de 2,5 mm², par exemple, occupe presque 12 mm² une fois isolé. Ce n’est pas anodin quand on parle de faire passer une dizaine de fils dans la même gaine. Pour exploiter correctement une capacité gaine de 255 mm², il suffit d’additionner la surface de chaque fil et de vérifier si la somme reste sous ce seuil, ou à combien elle le dépasse si l’on accepte un remplissage un peu plus serré.

Imaginons une gaine de 40 qui doit alimenter un tableau divisionnaire dans un garage avec plusieurs circuits : un circuit prises atelier en 2,5 mm², un circuit éclairage en 1,5 mm², un circuit spécifique pour une borne de recharge en 10 mm² et la liaison terre en 16 mm². Sur le papier, cela donne par exemple 3 fils de 2,5 mm², 3 fils de 1,5 mm², 3 fils de 10 mm² et un fil de terre de 16 mm². En surface, on obtient :

3 × 11,9 = 35,7 mm² pour les 2,5 mm² ; 3 × 8,55 = 25,65 mm² pour les 1,5 mm² ; 3 × 36,3 = 108,9 mm² pour les 10 mm² ; 1 × 50,3 = 50,3 mm² pour le 16 mm². Au total, environ 220,55 mm². On reste en dessous des 255 mm² de section utile, malgré un ensemble déjà conséquent. La gaine électrique de 40 absorbe donc ce scénario sans être à l’agonie, à condition de prévoir des rayons de courbure raisonnables.

Autre point à ne pas oublier : plus le câble est rigide et de forte section, plus il occupe physiquement de place et plus il résiste au tirage, même si la somme des sections reste théorique. Un fil de 16 ou 20 mm² sera beaucoup moins souple qu’un 1,5 mm². C’est pour cette raison que les tableaux de correspondance diamètre/section utilisés par les électriciens sont conservateurs. On préférera toujours une gaine un peu surdimensionnée, surtout quand il y a mélange de sections importantes et de nombreux petits conducteurs.

Enfin, cette approche par surface permet de sortir du réflexe « 3 fils par gaine » ou « 5 fils par gaine » qui traîne encore. On raisonne en mm², on adapte à chaque projet, et on ne se contente pas de copier le voisin. C’est ce type de démarche qui évite, quelques années plus tard, de devoir tout casser pour faire passer un circuit de plus.

Exemples concrets de remplissage d’une gaine de 40 en maison individuelle ou petit immeuble

Pour rendre tout cela plus parlant, rien ne vaut des cas concrets. Dans un pavillon des années 80 à Bondoufle, un propriétaire voulait ajouter un atelier au fond du jardin avec un tableau secondaire. La tranchée entre la maison et l’abri faisait une quinzaine de mètres, avec une gaine électrique enterrée en diamètre 40 déjà en place, mais sous-utilisée. L’idée était de passer dans cette même gaine la nouvelle alimentation, plutôt que de recreuser.

Le besoin identifié : un départ principal en 16 mm² pour alimenter le tableau annexe, le neutre correspondant, la terre, plus quelques conducteurs en 2,5 mm² pour des fonctions annexes (commande d’éclairage extérieur, retour d’info). En suivant les surfaces évoquées, 3 fils de 16 mm² à 50,3 mm² donnent 150,9 mm². On ajoute 3 fils de 2,5 mm² à 11,9 mm², soit 35,7 mm². Total 186,6 mm². Sur une gaine 40 donnée pour 255 mm² utiles environ, on dispose encore d’une marge d’environ 70 mm², ce qui permet, le jour venu, d’ajouter un ou deux conducteurs supplémentaires sans changer tout le fourreau.

Sur un autre chantier, dans un petit immeuble à Ris-Orangis, la gaine 40 servait au passage câbles pour les colonnes montantes vers les appartements. L’erreur initiale du promoteur avait été de vouloir faire passer trop de circuits dans un seul conduit, notamment plusieurs départs en 10 mm² pour des plaques de cuisson. Au moment des essais, certains câbles ont été endommagés au tirage dans une courbe serrée près du sous-sol. La section totale calculée dépassait largement le tiers, on s’approchait plutôt des deux tiers réels de remplissage.

Le résultat était prévisible : échauffement local dans le virage, difficulté à ventiler les conducteurs et impossibilité de remplacer un câble sans tout bloquer. La reprise a consisté à redistribuer les départs dans deux gaines distinctes, en conservant le diamètre gaine 40 pour chaque groupe, mais en divisant le nombre de fils. Dès que la somme de sections est revenue dans une plage proche du tiers, le tirage est devenu nettement plus fluide, même sans lubrifiant.

Il faut aussi parler des installations où la gaine 40 traverse un sous-sol, fixé en apparent au plafond. Dans ce cas, certains bricoleurs sont tentés de profiter de ce « gros tube » pour tout faire passer : réseaux faibles, câble TV, fibre, voire tuyau de petite plomberie. C’est une mauvaise habitude. Les bonnes pratiques imposent de séparer au minimum les circuits de puissance (230 V) des courants faibles, ne serait-ce que pour éviter les perturbations. Mélanger des usages dans une même gaine complique aussi toute intervention ultérieure, surtout quand il faut réparer un seul câble au milieu du paquet.

Ces histoires de chantiers montrent une chose : une gaine 40 offre une belle capacité, mais ce n’est pas une raison pour la traiter comme un sac sans fond. Chaque projet mérite son petit calcul, surtout quand on vise des usages à forte charge câbles comme les bornes de recharge, les pompes de piscine ou les ateliers avec machines. Mieux vaut investir dans une deuxième gaine, voire dans un cheminement séparé, que d’entasser sans réfléchir.

A lire également :  Refus de contrôle d'assainissement non collectif : quels sont les risques ?

Méthode pas à pas pour calculer le nombre de câbles dans une gaine de 40

Passer du principe aux chiffres précis n’est pas compliqué, à condition de suivre une méthode simple. La première étape consiste à lister tous les conducteurs que l’on veut faire passer dans la gaine de 40, section par section. Il ne faut pas oublier les fils de terre, les neutres, les retours de commande et tout ce qui pourrait être prévu en réserve. Beaucoup d’installations souffrent justement d’un manque d’anticipation : aucun fil disponible pour une future sonnette de portail, pas de réserve pour un éclairage de jardin, etc.

Une fois la liste établie, on utilise les surfaces par section vues plus haut. On multiplie la surface de chaque type de fil par le nombre d’exemplaires, puis on additionne tout. Le résultat donne la surface totale occupée par les conducteurs. Ce chiffre est comparé à la surface utile de la gaine 40, autour de 255 mm² pour respecter la logique du tiers. Si la somme reste en dessous, le remplissage est jugé confortable. Si l’on s’approche du seuil ou qu’on le dépasse légèrement, la faisabilité dépendra du tracé de la gaine.

Voici une séquence type qui tient la route pour la plupart des chantiers domestiques :

  • Recenser tous les circuits prévus dans la gaine (alimentation tableau, circuits dédiés, commande, terre, réserve).
  • Attribuer à chaque conducteur sa surface en mm² avec isolant (8,55 pour 1,5 mm², 11,9 pour 2,5 mm², etc.).
  • Calculer la surface totale et la comparer à 255 mm², qui correspond au tiers de la section pour une gaine 40.
  • Analyser le tracé de la gaine : longueur, nombre de coudes, rayons de courbure, zones à risque.
  • Décider éventuellement d’ajouter une deuxième gaine ou de passer à un cheminement différent si l’on est vraiment trop juste.

Par exemple, pour une gaine 40 qui relie un tableau principal à un garage en sous-sol sur 8 m avec deux coudes, on veut passer : 5 fils de 6 mm² pour un départ triphasé, plus 3 fils de 2,5 mm² pour un autre circuit, plus un fil de terre de 16 mm². En surface, cela donne 5 × 22,9 = 114,5 mm², plus 3 × 11,9 = 35,7 mm², plus 50,3 mm², soit environ 200,5 mm² au total. On reste en dessous des 255 mm².

Dans ce cas, on considère que la capacité gaine est encore confortable, surtout si les coudes sont larges. Si, en revanche, il faut passer par plusieurs coudes à 90° très rapprochés, la même surface de fils deviendra difficile à tirer. Certains électriciens préfèrent alors garder une marge de 20 à 30 % sous la limite calculée, pour compenser la complexité du cheminement. C’est une approche prudente, mais justifiée dans les vieilles bâtisses où rien n’est droit.

Il existe des outils en ligne qui aident à ces calculs, mais le principe reste le même. L’essentiel est de ne pas se contenter du pifomètre. Ce raisonnement en mm² évite aussi les mauvaises surprises quand on ajoute plus tard un circuit pour un usage imprévu. Une gaine déjà à 250 mm² de remplissage ne laissera aucune marge. À l’inverse, une gaine dimensionnée pour rester à 180 ou 200 mm² au départ autorisera des ajustements sans tout refaire.

Bonnes pratiques de pose d’une gaine 40 pour un passage câbles durable et sécurisé

Le remplissage n’est qu’une partie du problème. Une gaine électrique de 40 mal posée peut devenir inutilisable, même avec des conducteurs loin d’atteindre le tiers de section. Plusieurs points de pose font toute la différence. D’abord, le tracé. Les normes électriques rappellent que les conduits doivent circuler dans des zones de passage rectilignes, horizontales ou verticales, autour des équipements. Les diagonales hasardeuses au milieu des cloisons compliquent les repérages et augmentent surtout le nombre de coudes inutiles.

Sur une gaine de gros diamètre, chaque coude doit garder un rayon aussi large que possible. Les coudes brusques créent des points de blocage pour les câbles électriques. On le voit bien lorsque l’on doit tirer des conducteurs en forte section, par exemple du 16 mm² pour des usages lourds. Un simple coude trop serré suffit à coincer l’ensemble, même si la somme de sections est théoriquement acceptable. Une astuce courante consiste à limiter à deux ou trois changements de direction importants sur le parcours, quitte à rallonger légèrement la gaine.

Deuxième point, le mode de fixation. Une gaine 40 chargée de plusieurs fils lourds finit par peser, surtout lorsqu’elle chemine sous plafond. Les colliers doivent être suffisamment serrés pour éviter que le conduit ne s’affaisse entre deux points de fixation. Un affaissement crée une sorte de « cuvette » où les câbles se tassent, ce qui rend ensuite tout tirage ou retrait très difficile. Il n’est pas rare de retrouver, dans des garages anciens, des gaines de gros diamètre complètement gondolées, remplies de poussière et d’humidité, avec des conducteurs coincés au point bas.

Troisième point, la séparation des usages. On l’a déjà évoqué, mais c’est une erreur très fréquente : profiter du volume d’une gaine 40 pour y glisser des câbles de données, du téléphone, de la vidéo ou même des tuyaux d’arrosage. En plus des problèmes de compatibilité réglementaire, cela complique radicalement toute opération de maintenance. Quand il faut identifier un câble précis au milieu d’un mélange hétéroclite, chaque intervention se transforme en casse-tête. Mieux vaut réserver la gaine 40 à des circuits homogènes, au moins en termes de nature (puissance d’un côté, courants faibles ailleurs).

Dernier point, souvent oublié : le soin apporté aux entrées et sorties de gaine. Chaque fois que le conduit débouche dans un tableau ou une boîte de dérivation, un dégagement suffisant doit être prévu pour manipuler les fils, poser les embouts et serrer les connexions sans tirer exagérément sur les conducteurs. Un tableau saturé de gaines qui arrivent face au peigne de disjoncteurs est une usine à gaz. Les électriciens expérimentés prévoient des boucles de service et une longueur de câble suffisante pour tourner dans le coffret sans forcer.

A lire également :  Quelles sont les solution pas chères pour un revêtement de sol de parking voiture extérieur ?

Pour ceux qui rénovent une maison ancienne avec murs en parpaings bruts, ces questions de gaine s’ajoutent parfois à des travaux de maçonnerie ou de préparation de supports. Dans ces cas-là, on voit régulièrement des clients se renseigner sur des sujets connexes, comme la préparation des murs avant peinture. Un article détaillé sur le fait de peindre un mur en parpaing illustre bien ce genre de contraintes croisées : support irrégulier, saignées pour gaines, rebouchage et finitions, tout est lié dans une rénovation sérieuse.

L’idée à garder à l’esprit est simple : une gaine 40 bien posée doit rester exploitable pendant des années, sans que chaque nouveau câble impose de casser les murs ou de forcer au point d’abîmer les isolants. Celui qui pense à la maintenance future évite beaucoup d’ennuis, pour lui comme pour ceux qui reprendront le chantier derrière.

Erreurs fréquentes et repères pour rester dans une zone de confort avec une gaine de 40

Sur les interventions de dépannage et de mise aux normes, certaines erreurs reviennent sans arrêt. La première est le sous-dimensionnement chronique : poser une gaine de 40 en se disant que « ça suffira largement » sans jamais faire le moindre calcul. Sur le moment, on passe quelques fils de 2,5 mm² pour des prises de jardin, puis on rajoute plus tard une alimentation de portail, puis encore une ligne pour un abri de piscine. À chaque ajout, on tire « tant bien que mal », jusqu’au jour où plus rien ne passe et où la gaine se retrouve quasiment pleine, avec des fils écrasés dans les virages.

Deuxième erreur, l’absence totale de réserve. Dans les maisons récentes du 91, on voit de plus en plus de propriétaires regretter de ne pas avoir prévu un ou deux conducteurs supplémentaires pour de futurs usages. Sur une gaine 40, laisser 20 à 40 mm² de marge dès le début ne coûte rien, mais évite de devoir repasser une deuxième gaine pour un seul fil de commande quelques années plus tard. On peut très bien imaginer, sur une liaison principale vers un garage, de glisser deux fils de 1,5 mm² supplémentaires non raccordés, repérés dans le tableau pour une utilisation ultérieure.

Troisième erreur, la confusion entre remplissage et échauffement. Beaucoup ont peur qu’un grand nombre de fils dans une gaine de 40 provoque systématiquement une surchauffe. La réalité est un peu plus subtile. Ce n’est pas tant le nombre de conducteurs qui pose problème que le regroupement de circuits fortement chargés sur une longue distance, sans ventilation, dans un environnement chaud. En maison individuelle, les sections utilisées restent généralement raisonnables et les intensités modestes. Le seuil du tiers de remplissage tient déjà compte, indirectement, de ces aspects.

En revanche, sur des installations plus exigeantes, par exemple une borne IRVE ou un atelier équipé de plusieurs machines gourmandes, la question de la sécurité électrique demande un peu plus de réflexion. Certains électriciens choisissent de dissocier complètement le circuit haute intensité dans une gaine dédiée, même si la gaine de 40 voisine aurait encore un peu de place. Cette séparation limite les effets de température croisée et facilite aussi le diagnostic en cas de dysfonctionnement.

Quatrième erreur, la méconnaissance des évolutions de textes. On voit encore circuler des affirmations très rigides, du style « interdiction de dépasser 60 % de remplissage » ou « obligation absolue de respecter le tiers ». Ces phrases reflètent des guides anciens ou des simplifications abusives. Aujourd’hui, le texte normatif laisse une certaine latitude, mais cela ne veut pas dire qu’il faut tirer sur la corde. La pratique du tiers reste un repère solide, justement parce qu’elle a fait ses preuves sur le terrain pendant des décennies.

Au passage, certains mélangent aussi les problématiques de gaine avec d’autres travaux de second œuvre. C’est le cas dans des rénovations lourdes où l’on refait en même temps l’électricité, les cloisons et les peintures. Dans ces projets globaux, quelques bonnes pratiques transversales, comme une préparation correcte des supports ou un passage de gaines net avant enduit, font gagner un temps énorme. Les artisans qui interviennent les uns derrière les autres apprécient de tomber sur une installation où les gaines, les boîtes et les réservations sont cohérentes, plutôt que d’avoir à tout rectifier.

Pour garder des repères simples avec une gaine de 40, un bon compromis consiste à viser un remplissage entre 60 et 80 % du tiers pour les longs parcours complexes, et à accepter de monter jusqu’au tiers complet pour des tronçons très courts et rectilignes. Dès que l’on commence à cumuler forte section, courbes serrées et longue distance, la sagesse consiste à doubler la gaine ou à réorganiser les circuits. On évite ainsi de se retrouver bloqué, un dimanche matin, avec un câble coincé à mi-parcours.

Combien de fils de 2,5 mm² peut-on passer dans une gaine de 40 en respectant la règle du tiers ?

En prenant une surface utile d’environ 255 mm² pour une gaine de 40 et une surface de 11,9 mm² par fil H07V-U de 2,5 mm², on obtient théoriquement un peu plus de 21 fils. En pratique, il est prudent de rester en dessous de cette valeur, surtout si la gaine comporte plusieurs coudes ou si d’autres sections de câble partagent le même conduit.

La norme NF C 15-100 impose-t-elle un nombre maximal de conducteurs dans une gaine 40 ?

La norme NF C 15-100, dans sa version actuelle, ne fixe pas un nombre maximal chiffré de conducteurs par gaine électrique. Elle impose en revanche une installation sûre, accessible et protégée. Les professionnels continuent donc d’utiliser le repère pratique du tiers de section occupée pour garantir un tirage et un éventuel remplacement des câbles dans de bonnes conditions.

Peut-on dépasser le tiers de remplissage d’une gaine de 40 pour un petit tronçon droit ?

Oui, dépasser ponctuellement le tiers de la section intérieure reste possible, notamment sur un tronçon très court et rectiligne, sans coude serré. Il faut alors accepter un tirage plus difficile et veiller à ne pas abîmer les isolants lors de la mise en place. Sur une longueur importante ou avec plusieurs changements de direction, il est déconseillé de s’éloigner trop de ce seuil.

Est-il conseillé de mélanger courants forts et courants faibles dans une gaine 40 ?

Même si certains bricoleurs le font, ce n’est pas une bonne pratique. Mélanger puissance 230 V et câbles de données, téléphone ou vidéo dans la même gaine complique la maintenance, augmente les risques de perturbations et peut poser des problèmes de conformité. Mieux vaut réserver la gaine 40 aux circuits de même nature et prévoir un cheminement séparé pour les courants faibles.

Faut-il toujours choisir une gaine de diamètre 40 pour alimenter un tableau secondaire ?

Non, le choix du diamètre dépend de la section des conducteurs, du nombre de fils à faire passer et du tracé prévu. Une gaine de 32 peut suffire pour une liaison simple avec peu de câbles. On passe à 40 ou plus dès que l’on cumule plusieurs circuits, des sections importantes ou que l’on veut garder une marge pour de futurs ajouts. Le calcul de surface occupée reste le meilleur moyen d’arbitrer.

Hervé Duteille est artisan plombier, électricien et serrurier en Essonne depuis plus de 35 ans, à la tête d’Ets Lefebvre 91 à Évry-Courcouronnes. Sur ce blog, il partage son expérience de terrain pour aider les particuliers à y voir clair entre vraies pannes, fausses urgences et devis douteux.

Laisser un commentaire