Aménager une salle de bain PMR ne se résume pas à poser deux barres d’appui et un receveur extra-plat. Pour un propriétaire qui anticipe la perte d’autonomie, un proche en fauteuil ou un senior qui veut rester chez lui, l’enjeu est clair : garder la main sur son quotidien, sans transformer la pièce d’eau en pseudo-chambre médicalisée. Cela passe par des normes accessibilité bien comprises, des dimensions adaptées respectées au centimètre près et des équipements choisis pour durer. Une erreur de hauteur de lavabo, un espace de manœuvre trop juste ou un carrelage glissant, et tout le projet perd en confort, voire en sécurité.
Dans beaucoup de pavillons et d’appartements d’Essonne, on retrouve les mêmes contraintes : petites salles d’eau coincées entre deux chambres, arrivées d’eau figées, siphons peu accessibles. Pourtant, avec une méthode sérieuse, on arrive à transformer ces volumes serrés en pièces réellement fonctionnelles : douche à l’italienne sans ressaut, siège de douche bien positionné, lavabo accessible pour le fauteuil, robinetterie ergonomique maniable d’une seule main, circulation fluide pour l’aide à domicile quand il y en a une. Les textes réglementaires donnent le cadre, mais c’est sur le chantier, ruban à mesurer en main, que tout se joue. Ce contenu détaille les points qui font la différence entre une salle de bain vaguement « adaptée » et une salle de bain réellement utilisable au quotidien, sans stress et sans mauvaises surprises.
En bref :
- Objectif principal : une salle de bain PMR doit permettre les gestes d’hygiène en autonomie ou avec le moins d’aide possible, en priorité grâce à un bon espace de manœuvre et à une sécurité antidérapante soignée.
- Normes accessibilité : diamètre de 1,50 m pour tourner en fauteuil, passages d’au moins 90 cm, hauteurs de commandes entre 90 cm et 1,30 m, douche de plain-pied avec ressaut inférieur à 2 cm.
- Équipements clés : douche à l’italienne, barres d’appui bien ancrées, siège de douche stable, lavabo accessible et dégagé, WC à bonne hauteur, robinetterie ergonomique et mitigeur thermostatique.
- Budget : de 1 000 à 3 000 € pour une mise en sécurité simple, 3 000 à 7 000 € pour une rénovation partielle, 10 000 à 15 000 € ou plus pour une refonte intégrale avec tous les équipements PMR.
- Aides financières : MaPrimeAdapt’ jusqu’à 70 % selon les revenus, complétée dans certains cas par l’ANAH, les caisses de retraite ou les collectivités locales.
Normes accessibilité salle de bain PMR : ce que les textes prévoient et ce qui compte vraiment sur le terrain
Sur le papier, une salle de bain PMR repose surtout sur deux bases réglementaires : la loi handicap du 11 février 2005 et l’arrêté du 1er août 2006. Ces textes ciblent en priorité les logements neufs et les établissements recevant du public. Le principe est simple : la personne en fauteuil doit pouvoir accéder à la pièce, utiliser chaque équipement et en ressortir, sans obstacle et sans danger. Dans un appartement ancien ou un pavillon des années 70, ces exigences servent de boussole pour dimensionner correctement les travaux même si la loi ne les impose pas strictement.
Le premier point clé est l’espace de manœuvre. Pour tourner sur soi-même avec un fauteuil, il faut un cercle libre de tout obstacle d’environ 1,50 m de diamètre. En pratique, ça signifie éviter les meubles profonds, reculer le lavabo ou supprimer la baignoire quand la pièce est petite. On voit encore trop souvent des plans dessinés au millimètre près, qui fonctionnent sur logiciel mais deviennent ingérables dès qu’on ajoute un siège de douche ou un chariot médical. Mieux vaut sécuriser une vraie zone centrale dégagée, quitte à renoncer à un meuble de rangement.
Deuxième pilier : les dimensions adaptées pour les accès. La porte de la salle d’eau doit offrir un passage utile d’environ 90 cm. Si une cloison est modifiable, on recule parfois légèrement l’huisserie pour gagner ces précieux centimètres. Les dégagements devant le lavabo, le WC et la douche doivent permettre d’approcher le fauteuil de face ou en biais, sans devoir multiplier les manœuvres. Dans un trois-pièces standard, cela oblige souvent à repenser complètement l’implantation des appareils sanitaires.
Les hauteurs de commandes constituent le troisième volet. Interrupteurs, prises, commandes de robinetterie ergonomique, boîtes de dérivation visibles : tout doit rester entre 90 cm et 1,30 m du sol. Ce créneau permet d’atteindre facilement les commandes depuis un fauteuil, sans lever haut le bras ni se pencher exagérément. Pour la robinetterie de la douche et du lavabo, ce repère sert de base, quitte à ajuster légèrement selon la taille de l’utilisateur ou de l’utilisatrice.
Pour les éléments plus spécifiques, la réglementation renvoie à d’autres normes techniques. La norme NF P99-611, souvent citée pour les douches accessibles, encadre par exemple l’implantation des barres d’appui et la résistance des sièges de douche. Beaucoup de fabricants indiquent sur leurs notices les entraxes d’ancrage et les charges admissibles, ce qui évite les improvisations quand on fixe sur un mur en carreaux de plâtre ou en plaque de plâtre à ossature métallique.
Il existe une nuance importante entre théorie et pratique : la conformité stricte ne suffit pas si la personne ne se sent pas en sécurité. Une barre placée à la bonne cote mais trop éloignée du siège, un mitigeur inaccessible à cause de la paroi de douche, un miroir trop haut pour se voir en position assise, tout cela reste « réglementaire » sur le papier mais inutilisable au quotidien. Les meilleurs chantiers PMR sont ceux où les normes servent de base, puis sont ajustées en fonction de la personne réelle qui vivra dans le logement.
Pour les hauteurs d’équipements comme les meubles et les vasques, des ressources spécialisées permettent de mieux préparer son projet. Des pages comme ce guide sur la hauteur de vasque et de lavabo ou encore les repères de fixation pour meuble de salle de bain aident à éviter des erreurs de plusieurs centimètres qui deviennent gênantes après quelques semaines d’usage.
En résumé, une salle d’eau annoncée « accessible » mais dessinée sans ruban, sans simulation de rotation de fauteuil et sans test de portée de bras n’est qu’un croquis. Dès que l’on prend le temps de vérifier chaque cote avec l’usager, la salle de bain change de catégorie et devient vraiment vivable.
Dimensions adaptées et implantation : comment faire tenir une vraie salle de bain PMR dans une petite surface
Dès qu’un projet concerne un T2 en résidence ou une petite maison de lotissement, la question revient systématiquement : comment caser un vrai espace de manœuvre de 1,50 m, une douche à l’italienne, un WC accessible et un lavabo accessible dans 4 ou 5 m² seulement. La réponse ne vient pas d’un plan catalogue, mais d’un travail au cas par cas, pièce par pièce. Beaucoup de salles de bains PMR réussies ont été obtenues en acceptant des choix francs : supprimer la baignoire, déplacer une cloison ou faire sauter un placard inutile.
Un point de départ simple consiste à tracer le cercle de 1,50 m directement au sol, avec un fil et un crayon gras, même sur un carrelage à démolir. On voit tout de suite ce qui gêne : ancienne baignoire, cloison, arrivée d’eau mal placée. Dans certains chantiers en Essonne, il a suffi de grignoter 20 cm sur une chambre peu utilisée pour débloquer totalement la circulation dans la salle d’eau. Le coût de cette petite maçonnerie est vite rentabilisé par le confort retrouvé.
Pour éclairer les choix, un tableau récapitulatif des cotes courantes aide à y voir plus clair :
| Élément | Dimension ou hauteur conseillée | Remarque pratique |
|---|---|---|
| Espace de manœuvre fauteuil | Diamètre 1,50 m libre | À dégager au centre de la salle de bain PMR |
| Passage de porte | Environ 90 cm utile | Privilégier une porte coulissante quand c’est possible |
| Hauteur plan de lavabo accessible | Environ 80 cm sous le bord | Laisser au moins 70 cm libres sous la vasque pour le fauteuil |
| Hauteur WC rehaussé | Environ 50 cm abattant compris | Ajuster après essai de la personne concernée |
| Commandes électriques | Entre 90 cm et 1,30 m | Éviter les zones pouvant être éclaboussées par la douche |
| Zone de douche à l’italienne | Au moins 90 x 120 cm | Idéalement 120 x 120 cm ou plus pour un fauteuil |
Ces valeurs servent de base. Pour un utilisateur très grand, une légère surélévation du plan de vasque améliore le confort. Pour une personne de petite taille, l’inverse s’impose. On rejoint là le sujet de la bonne hauteur de meuble de salle de bain : respecter la norme sans tenir compte de la morphologie n’a pas de sens. Une différence de 3 ou 4 cm se sent tous les jours, surtout quand les épaules ou les hanches sont déjà fragiles.
La position du lavabo accessible mérite une attention particulière. Placé face à la porte, il facilite l’entrée en fauteuil et évite les demi-tours complexes. Suspendu, sans colonne ni meuble plein jusqu’au sol, il libère le passage des genoux. On privilégie les siphons plats contre le mur et les bondes gaines pour ne pas heurter le tibia en position assise. Un miroir bas ou inclinable finit de rendre l’ensemble utilisable sans contorsions.
La douche à l’italienne concentre les plus grosses contraintes techniques. Pour obtenir un sol plat avec une sécurité antidérapante correcte et une évacuation suffisante, il faut parfois reprendre les pentes de plancher, raboter les portes ou surélever très légèrement le sol voisin. Dans un immeuble ancien, la hauteur disponible pour encastrer un siphon est parfois insuffisante. On passe alors sur un receveur extra-plat posé, en travaillant soigneusement le raccord de niveau pour ne pas créer un ressaut dangereux.
Les WC, souvent coincés dans un angle, demandent aussi des choix fermes. Pour un véritable usage PMR, on vise un dégagement latéral pour le fauteuil d’au moins 80 cm. Quand ce n’est pas possible, on accepte parfois un compromis, en privilégiant un WC suspendu réglé à la bonne hauteur avec des barres d’appui robustes de part et d’autre. Ce n’est pas « parfait » sur le plan théorique, mais pour une personne qui se lève encore avec difficulté, cela reste efficace et sécurisant.
Au final, la règle qui revient souvent est simple : mieux vaut une petite salle d’eau claire, lisible et maniable qu’une pièce saturée d’appareils pourtant estampillés « PMR » mais inexploitables.
Douche à l’italienne, siège de douche et barres d’appui : tout ce qui change vraiment la sécurité au quotidien
Si l’on ne devait choisir qu’un seul investissement prioritaire dans une salle de bain PMR, ce serait la vraie douche à l’italienne de plain-pied, dotée d’une sécurité antidérapante sérieuse. La plupart des chutes graves chez les seniors se produisent en montant ou en descendant de la baignoire, ou sur un rebord de receveur trop haut. En supprimant ce seuil, on diminue immédiatement le risque, pour la personne elle-même comme pour les aidants qui l’accompagnent.
Concrètement, l’accès doit se faire sans marche et avec un ressaut inférieur à 2 cm. Le sol doit assurer une accroche correcte même avec les pieds mouillés. Les carrelages lisses à effet miroir ou les receveurs bon marché type « plastique brillant » n’ont rien à faire là. Les fabricants proposent désormais des surfaces classées antidérapantes, identifiées par des indices de glissance, qui tiennent mieux dans le temps. Pour un particulier, ce n’est pas un détail marketing, c’est un garde-fou.
Le siège de douche joue ensuite un rôle central. Quand la station debout devient instable, pouvoir s’asseoir en sécurité n’est plus un confort, c’est une condition pour continuer à se laver sans appréhension. Deux grandes familles se distinguent : les sièges muraux rabattables, qui se replient une fois la douche terminée, et les sièges sur pied, souvent moins stables. Sur un mur en béton ou en brique pleine, l’ancrage du siège mural ne pose pas de difficulté particulière. Sur du placo, l’affaire se complique : il faut renforcer l’ossature ou prévoir un panneau de doublage plein pour reprendre les efforts.
Les barres d’appui complètent cet ensemble. Là encore, les modèles se sont modernisés : certains combinent forme ergonomique, finition inox ou époxy coloré, voire intégration discrète dans un porte-serviettes. Trois erreurs reviennent régulièrement sur les chantiers mal préparés :
- Fixer les barres d’appui dans un mur creux sans renfort, ce qui finit par les arracher au premier appui sérieux.
- Les placer trop haut ou trop bas, au hasard, sans faire essayer la personne avant perçage.
- Multiplier les barres partout, au point de transformer la douche en cage, alors que quelques appuis bien réfléchis suffisent.
Un bon schéma consiste souvent à installer une barre horizontale le long du mur principal, à une hauteur adaptée à la main de l’utilisateur assis, et une barre verticale près de l’entrée de la douche pour l’aide au passage. On ajoute éventuellement une poignée inclinée selon les habitudes de transfert. Le test sur place, en condition réelle, reste plus utile que toutes les notices.
La robinetterie ergonomique vient boucler la boucle. Le mitigeur thermostatique est quasiment indispensable : il évite les variations soudaines de température et limite la brûlure si quelqu’un se trompe de sens. Les commandes doivent être larges, faciles à saisir même avec une préhension réduite. Les modèles à levier, voire à poignée en forme d’aile, sont plus adaptés qu’une petite poignée ronde glissante. L’implantation doit permettre de régler la température sans passer sous le jet, ce qui paraît évident mais n’est pas toujours appliqué.
Pour un cas type, on peut prendre l’exemple de Madame L., 79 ans, vivant seule dans un pavillon près de Corbeil-Essonnes. Sa salle de bain d’origine comportait une baignoire standard et un lavabo sur colonne. Les premières chutes au moment de l’enjambement ont conduit à un projet complet : dépose de la baignoire, création d’une douche à l’italienne 120 x 90 cm, pose d’un siège de douche rabattable, deux barres d’appui fixées dans un mur renforcé, mitigeur thermostatique à grande poignée et revêtement de sol antidérapant. En quelques semaines, la manière de se doucher a complètement changé : plus de tabouret instable posé dans la baignoire, plus de peur de glisser, et moins de sollicitations des enfants.
La conclusion qui se dégage de nombreux chantiers est nette : sans un système douche bien pensé, le reste de la salle de bain PMR tient plus de la décoration que de l’adaptation réelle.
Lavabo accessible, rangements et éclairage : ergonomie d’ensemble et petits détails qui évitent les galères
Une fois le bloc douche sécurisé, le second poste critique reste la zone lavabo. Un lavabo accessible se reconnaît à plusieurs signes : il est suspendu, sans colonne, avec un dessous bien dégagé pour laisser passer les jambes d’un fauteuil. Il ne dépasse pas excessivement en profondeur, pour ne pas obliger à se pencher. Sa robinetterie est simple à manipuler d’une main, avec une poignée large ou un levier. Et surtout, il est placé à la bonne hauteur, ce qui suppose autre chose qu’un montage « au jugé ».
Pour un usage mixte debout/assis, une hauteur de bord de vasque autour de 80 cm fonctionne souvent bien, avec au minimum 70 cm libres sous le lavabo. On évite les meubles sous-vasque pleins qui ferment totalement le passage. Si un rangement bas est indispensable, on privilégie des tiroirs reculés ou des solutions partiellement ouvertes. Certains choisissent un plateau latéral à côté de la vasque plutôt qu’un meuble en dessous, ce qui garde l’accessibilité tout en offrant un plan pour poser les produits d’hygiène.
Les rangements méritent d’être repensés à l’échelle de la personne, et pas à celle du catalogue. Les placards hauts, les étagères au-dessus de la porte ou les colonnes très verticales deviennent vite inaccessibles en fauteuil ou pour quelqu’un qui ne peut pas lever les bras. Un bon repère consiste à concentrer ce qui sert tous les jours entre 80 cm et 1,40 m. Au-delà, on ne garde que ce qui est vraiment occasionnel. On limite aussi les portes battantes encombrantes au profit des tiroirs coulissants, plus lisibles et plus maniables.
L’éclairage joue également un rôle de sécurité sous-estimé. Une salle de bain PMR sombre, avec un point lumineux unique au plafond, crée des zones d’ombre et des reflets sur le carrelage mouillé. On préfère un éclairage homogène, complété par un bandeau autour du miroir et, parfois, une veilleuse basse consommation pour les passages nocturnes. Les interrupteurs doivent se situer dans la fameuse plage 90 cm / 1,30 m, avec une commande large, bien visible. Certains optent pour un détecteur de présence finement réglé, à condition de vérifier qu’il ne s’éteint pas trop vite pendant une douche longue.
Il n’est pas rare que ces points « secondaires » fassent basculer une salle d’eau dans la catégorie confortable ou pénible. Un exemple courant concerne le choix du meuble vasque. Sur un chantier à Ris-Orangis, un meuble très design, mais profond et intégralement fermé, avait été monté dans une salle d’eau censée être PMR. Impossible pour l’usager en fauteuil de s’avancer suffisamment pour atteindre la robinetterie. Il a fallu déposer, adapter la plomberie et installer une vasque suspendue plus compacte, en conservant uniquement un caisson latéral peu profond pour le rangement.
Côté compléments, plusieurs équipements méritent d’être cités :
- Les miroirs inclinables, qui permettent de se voir assis sans se tordre le cou.
- Les barres de relevage près du lavabo, utiles pour quelqu’un qui se redresse en s’appuyant sur le plan.
- Les supports de douchette coulissants à grande poignée, manipulables même avec une force réduite dans les doigts.
Certains clients envisagent aussi d’installer un équipement de bien-être, type spa ou balnéo, dans une logique de confort global. Ce type de projet doit être étudié avec encore plus de rigueur, comme on le ferait pour l’installation d’un spa ou d’un jacuzzi, qui implique des charges, des arrivées d’eau et des accès spécifiques. Dans le cas d’un logement où la mobilité est déjà réduite, il faut garder en tête que plus l’objet est complexe, plus son accès doit être simple.
Tout l’enjeu de cette partie du projet consiste à éviter que la personne ne se lasse de sa salle de bain PMR à cause de détails agaçants au quotidien. Quand tout est à bonne hauteur, bien éclairé et facile à saisir, la salle d’eau redevient un lieu de confort, pas une source de fatigue.
Budget, aides et accompagnement pour une salle de bain PMR bien pensée, du devis aux finitions
Une question revient très vite quand on commence à parler de normes accessibilité et de remplacement de baignoire par une douche à l’italienne : combien ça va coûter. La réponse dépend du point de départ, du niveau d’adaptation visé et des contraintes techniques invisibles au premier coup d’œil, comme les réserves de plancher ou l’état de la plomberie existante. En 2026, on observe des fourchettes assez stables dans les chantiers de rénovation courants, sans entrer dans des promesses irréalistes.
Pour une mise en sécurité simple, sans transformation lourde, le budget tourne souvent entre 1 000 et 3 000 €. Cela couvre typiquement la pose de quelques barres d’appui, le remplacement d’accessoires glissants, l’ajout d’un siège de douche amovible, voire le changement du sol pour un revêtement avec sécurité antidérapante. Ce n’est pas une vraie salle de bain PMR complète, mais c’est parfois un premier pas utile après une opération ou une chute.
Une rénovation partielle, avec dépose d’un bac de douche ancien et remplacement par une douche à l’italienne, ajustement du lavabo accessible et modernisation de la robinetterie, se situe plus souvent entre 3 000 et 7 000 €. Dans ce cas, on commence à toucher le cœur du sujet, avec reprise de l’étanchéité, adaptation de la faïence, déplacement des alimentations et vidanges. Le coût varie selon qu’il faut ou non reprendre le plancher ou toucher au réseau d’évacuation principal.
Pour une transformation intégrale, incluant démontage complet, réagencement des cloisons si besoin, création de l’espace de manœuvre, pose de WC rehaussé, adaptation de l’éclairage et des rangements, la note peut grimper entre 10 000 et 15 000 €, voire davantage pour des finitions haut de gamme. Un carrelage technique, une robinetterie de marque fiable et un travail sérieux de plomberie et d’étanchéité expliquent rapidement ces montants. À l’inverse, une rénovation à prix cassé, avec matériaux bas de gamme et fixations approximatives, revient parfois plus cher à long terme quand tout lâche au bout de quelques années.
La bonne nouvelle, c’est que les dispositifs d’aide se sont structurés. Le programme MaPrimeAdapt’, généralisation des aides à l’adaptation du logement, peut financer jusqu’à 70 % du montant des travaux selon les ressources du foyer et la nature du projet. Des aides de l’ANAH, des conseils départementaux, des caisses de retraite ou des mutuelles viennent parfois compléter le montage financier. Les conditions changent régulièrement, d’où l’intérêt de se faire accompagner pour monter un dossier solide, avec devis détaillé et plan avant/après.
Le recours à un ergothérapeute est souvent recommandé. Ce professionnel de la réadaptation évalue les capacités et les besoins de la personne, pièce par pièce. Il trace les trajectoires de déplacement, identifie les zones de risque et formule des préconisations précises : type de barres d’appui, emplacement, choix entre siège de douche mural ou mobile, organisation des rangements. Son avis pèse également dans les dossiers d’aide, car il montre que le projet répond à un besoin réel, et non à une seule recherche de confort esthétique.
Enfin, le choix de l’entreprise qui réalisera les travaux reste déterminant. Certains particuliers se fient uniquement à un prix et à des avis en ligne, sans vérifier les compétences réelles en adaptation PMR. Or, fixer du matériel spécialisé sur des supports fragiles ou créer une pente de douche encastrée demande une maîtrise technique bien précise. Les retours d’expérience disponibles sur des plateformes sérieuses, comme ceux détaillés sur cette page de retours clients en plomberie, donnent déjà une indication sur le sérieux et la capacité de l’entreprise à reprendre un chantier proprement quand un imprévu surgit.
Pour un propriétaire ou une famille, la meilleure stratégie consiste à combiner trois éléments : un diagnostic fonctionnel sérieux, un devis détaillé qui explique chaque poste, et une vérification en amont des aides mobilisables. Au moment de signer, la question n’est plus « combien ça coûte », mais « est-ce que ce projet tient la route dans cinq ou dix ans pour la personne qui va l’utiliser tous les jours ».
Quelles sont les dimensions minimales pour une salle de bain PMR vraiment praticable ?
Pour une circulation fluide, il faut prévoir un espace de manœuvre circulaire d’environ 1,50 m de diamètre, libre de tout obstacle, au centre ou à un endroit stratégique de la pièce. Le passage de porte doit offrir au moins 90 cm utiles. La zone de douche à l’italienne doit faire au minimum 90 x 120 cm, avec un ressaut inférieur à 2 cm, et idéalement 120 x 120 cm ou plus pour un fauteuil roulant. Devant le lavabo et le WC, on vise un dégagement d’environ 80 x 130 cm pour faciliter les approches et les transferts.
Quelle différence entre une douche classique et une douche à l’italienne PMR ?
Une douche classique comporte souvent un bac avec un rebord important, voire une baignoire, ce qui impose un enjambement risqué. Une douche à l’italienne PMR est de plain-pied, avec un ressaut quasi nul, un sol à sécurité antidérapante, un siège de douche stable et des barres d’appui placées au bon endroit. La robinetterie est ergonomique, généralement thermostatique, et accessible sans passer sous le jet. L’objectif est de permettre la toilette debout ou assise, en limitant au maximum les risques de chute.
Le remplacement d’une baignoire par une douche à l’italienne suffit-il pour parler de salle de bain PMR ?
Le simple remplacement de la baignoire par une douche à l’italienne améliore déjà la sécurité, mais ne suffit pas forcément pour parler de salle de bain PMR complète. Il faut aussi vérifier l’espace de manœuvre, la hauteur et l’accessibilité du lavabo, le positionnement des WC, la présence de barres d’appui correctement fixées, la sécurité antidérapante du sol et la facilité d’accès aux rangements. Un projet cohérent pense l’ensemble de la pièce, pas uniquement le coin douche.
Quelles aides peuvent financer l’aménagement d’une salle de bain PMR ?
Le dispositif MaPrimeAdapt’ peut financer une part importante des travaux, jusqu’à environ 70 % selon les revenus et la nature de l’adaptation. D’autres aides existent via l’ANAH, les caisses de retraite, les collectivités locales ou certaines mutuelles. Les montants et conditions varient, mais un dossier bien monté, avec avis d’ergothérapeute et devis détaillé, augmente nettement les chances d’obtenir un soutien financier significatif.
Peut-on adapter une petite salle de bain en appartement pour un fauteuil roulant ?
Oui, mais cela demande souvent des compromis et une étude au cas par cas. Il faut vérifier si l’on peut agrandir la pièce en déplaçant une cloison, ou au minimum optimiser l’implantation pour dégager un espace de manœuvre suffisant. La suppression de la baignoire au profit d’une douche à l’italienne, l’utilisation d’un lavabo accessible suspendu peu profond et la pose de barres d’appui bien dimensionnées permettent déjà d’améliorer fortement l’usage, même si toutes les cotes théoriques ne peuvent pas être atteintes au millimètre près.
